CARICOM se tourne vers CASSOS pour renforcer la supervision de la sécurité aérienne dans la Caraïbe

CARICOM

Premier rang : l’honorable brigadier (retraité) Mark Phillips, Premier ministre du Guyana – 4e à gauche ; l’honorable Deodat Indar, ministre des Services publics et de l’Aviation du Guyana – 3e à droite ; Dr Carla Barnett, secrétaire générale de la CARICOM – 3e à gauche ; aux côtés de responsables de l’Organisation de l’aviation civile internationale, de directeurs de l’aviation civile de la région et d’autres partenaires.


Les gouvernements de la Caraïbe cherchent à approfondir la coopération régionale en matière de sécurité aérienne, alors que les régulateurs nationaux font face à des contraintes techniques, financières et de ressources humaines croissantes. Un projet de feuille de route de CASSOS à l’horizon 2035 place le partage de l’expertise, l’harmonisation réglementaire et la pérennité de la supervision au cœur de cette démarche.

Plus de 70 représentants de gouvernements, d’autorités de l’aviation civile, d’institutions régionales, d’organisations internationales et du secteur aérien se sont réunis à Georgetown, au Guyana, le 1er octobre 2026, à l’occasion du Caribbean High-Level Symposium on Aviation Safety.

Organisée par le Secrétariat de la CARICOM en collaboration avec l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) et accueillie par le gouvernement du Guyana et la Guyana Civil Aviation Authority, la rencontre a porté sur les moyens permettant aux États de la Caraïbe de renforcer la supervision de la sécurité aérienne grâce à une coopération régionale accrue.

Une réponse commune aux capacités nationales limitées

Le défi auquel la région est confrontée est particulièrement important pour les administrations de petite taille. Les autorités de l’aviation civile doivent suivre l’évolution des normes internationales, des technologies et d’exigences réglementaires de plus en plus complexes, tout en disposant de ressources financières limitées et d’un nombre restreint de personnels spécialisés.

La secrétaire générale de la CARICOM, Dr Carla Barnett, a estimé que ces contraintes rendent la coopération de plus en plus importante.

« La coopération régionale est indispensable. »

Le Caribbean Aviation Safety and Security Oversight System (CASSOS) est au cœur de cette approche. En mutualisant l’expertise et en soutenant des pratiques réglementaires communes, cet organisme régional vise à aider les États membres à maintenir des niveaux de capacité technique et de supervision de la sécurité qu’il peut être difficile de soutenir individuellement.

Pour l’aviation dans la Caraïbe, l’enjeu dépasse le simple respect des exigences réglementaires. L’aviation soutient le tourisme, le commerce, l’investissement, les interventions d’urgence et les déplacements entre les territoires, faisant d’une supervision efficace de la sécurité une composante de l’infrastructure économique plus large de la région.

La feuille de route CASSOS se projette jusqu’en 2035

Le projet de feuille de route et de matrice d’action CASSOS à l’horizon 2035 a constitué l’un des principaux sujets des discussions de Georgetown.

Cette feuille de route vise à répondre à plusieurs priorités de long terme, notamment la pérennité des autorités nationales de l’aviation civile, l’harmonisation réglementaire, les capacités techniques, le financement, les calendriers de mise en œuvre et les mécanismes de suivi des progrès.

Cette approche fait évoluer la discussion, qui ne porte plus uniquement sur des défis réglementaires propres à chaque pays, mais sur un modèle plus coordonné permettant aux États de partager leur expertise et de renforcer leurs capacités communes de supervision.

Le symposium a également réuni des partenaires internationaux, notamment l’OACI, l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (EASA), la Federal Aviation Administration (FAA) des États-Unis, Transports Canada et le Royaume-Uni, aux côtés des autorités régionales et des représentants du secteur.

La participation de ces organisations reflète également la nécessité pour les systèmes réglementaires de la Caraïbe de rester alignés sur les normes internationales de l’aviation, tout en développant des solutions adaptées aux marchés plus petits et fragmentés de la région.

La supervision de la sécurité et la connectivité régionale convergent

La question de la sécurité est de plus en plus liée à la volonté plus large de la CARICOM de développer un marché régional du transport aérien davantage intégré.

Le CARICOM Multilateral Air Services Agreement (MASA) fournit le cadre nécessaire à la création d’un marché unique des services de transport aérien au sein de la Communauté. Haïti a adhéré à l’accord en septembre 2026, devenant le 13e État membre de la CARICOM à le rejoindre.

Pour la CARICOM, une plus grande intégration du marché et un renforcement de la supervision de la sécurité doivent donc progresser conjointement.

Barnett a déclaré lors de la réunion de Georgetown qu’une connectivité renforcée devait reposer sur la confiance réglementaire et la fiabilité opérationnelle, ajoutant que la sécurité aérienne est fondamentale pour le fonctionnement d’un marché régional intégré.

Ce lien est important aussi bien pour les compagnies aériennes que pour les régulateurs. Un marché davantage intégré peut créer des opportunités pour de nouveaux services et une connectivité régionale plus efficace, mais il renforce également l’importance d’une certification, d’une supervision et de normes réglementaires cohérentes entre les États participants.

De l’engagement régional à la mise en œuvre

Le prochain défi consistera à transformer les discussions de Georgetown en capacités opérationnelles.

Avant le symposium, la CARICOM avait indiqué que les participants devaient examiner une Georgetown Declaration on Aviation Safety ainsi qu’une feuille de route définissant les actions prioritaires. Cependant, dans sa communication publiée après l’événement, l’organisation s’est principalement concentrée sur le programme de coopération régionale et les travaux autour de la feuille de route CASSOS, sans confirmer explicitement l’adoption définitive de la déclaration.

Le véritable test sera donc de déterminer si les États parviennent à traduire les engagements régionaux en financements durables, en ressources techniques partagées, en réglementation harmonisée et en améliorations mesurables de la supervision d’ici 2035.

Pour un marché aérien de la Caraïbe qui cherche à renforcer sa connectivité, la capacité à mutualiser une expertise réglementaire limitée pourrait devenir tout aussi importante que l’ouverture de nouvelles liaisons.

FAQ

Qu’est-ce que CASSOS ?

Le Caribbean Aviation Safety and Security Oversight System est le mécanisme régional de la CARICOM destiné à soutenir les États membres dans la supervision de la sécurité et de la sûreté aériennes, notamment à travers la coopération technique et l’harmonisation réglementaire.

Quels sujets ont été abordés lors du symposium sur la sécurité aérienne à Georgetown ?

Les discussions ont notamment porté sur la pérennité des autorités de l’aviation civile, l’harmonisation réglementaire, les capacités techniques, le financement ainsi que le projet de feuille de route et de matrice d’action CASSOS à l’horizon 2035.

Pourquoi la coopération régionale est-elle importante pour la sécurité aérienne dans la Caraïbe ?

Les administrations aéronautiques de petite taille disposent de ressources financières et humaines spécialisées limitées, tout en devant respecter les obligations internationales en matière de sécurité. Le partage de l’expertise peut contribuer à renforcer les capacités nationales de supervision.

Quel est le lien entre la sécurité aérienne et le MASA de la CARICOM ?

Le MASA vise à soutenir la création d’un marché régional unique des services de transport aérien. La CARICOM estime que l’expansion de la connectivité doit s’appuyer sur une supervision de la sécurité solide et fiable dans l’ensemble des États participants.

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