Le Venezuela a enregistré la plus forte progression annuelle de la connectivité maritime régulière au monde au troisième trimestre 2026, selon les données de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Cette amélioration intervient alors que les compagnies maritimes réorganisent leurs escales dans les ports vénézuéliens à la suite de perturbations opérationnelles à La Guaira.
Le Venezuela a enregistré une hausse de 91,4 % sur un an de son indice de connectivité des transports maritimes réguliers (LSCI) au troisième trimestre 2026, soit la plus forte croissance parmi les économies suivies par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). Les données, actualisées le 28 septembre 2026, placent le pays devant Saint-Pierre-et-Miquelon (+89,3 %) et la République arabe syrienne (+79,7 %).
L’indice LSCI du pays a atteint 65,1, plaçant le Venezuela au 79e rang sur 178 économies. Malgré cette progression importante, son niveau global de connectivité demeure inférieur à celui des principaux pôles mondiaux du transport maritime conteneurisé.
Ce que mesure réellement la hausse de la connectivité
L’indice LSCI de la CNUCED évalue le degré d’intégration d’une économie dans les réseaux internationaux de transport maritime conteneurisé. Il repose sur six composantes, notamment le nombre d’escales programmées, la capacité de transport de conteneurs déployée, le nombre de services maritimes réguliers et d’opérateurs, la taille maximale des navires ainsi que les connexions directes avec d’autres pays.
L’indice prend pour référence la connectivité maritime moyenne du premier trimestre 2023, fixée à 100. Plus sa valeur est élevée, plus l’intégration aux réseaux mondiaux de transport maritime régulier est importante.
La hausse de 91,4 % enregistrée par le Venezuela traduit donc une amélioration de sa connectivité relative, et non une augmentation équivalente du trafic de conteneurs ou des volumes du commerce international.
Les dernières données de la CNUCED montrent également que les grands pôles maritimes ont généralement connu des évolutions plus modérées, tandis que les économies plus petites et moins connectées ont enregistré des variations en pourcentage plus marquées. L’organisation souligne que les baisses de connectivité ont été plus nombreuses que les hausses au troisième trimestre, ce qui rend la progression du Venezuela particulièrement notable.
En septembre 2026, l’indice LSCI mensuel du pays a atteint 71,7, soit une augmentation de 110,9 % par rapport à septembre 2025. Toutefois, les données mensuelles et trimestrielles couvrent des périodes de référence différentes et ne doivent pas être considérées comme des mesures interchangeables.
Puerto Cabello et La Guaira en tête de la connectivité portuaire vénézuélienne
À l’échelle portuaire, Puerto Cabello a enregistré le plus haut indice de connectivité portuaire des transports maritimes réguliers (PLSCI) du Venezuela au troisième trimestre 2026, atteignant 59,8, soit une progression annuelle de 18,6 %.
La Guaira arrive ensuite avec un indice de 52,3 (+22 %), tandis que Guanta affiche 25,9 (+37,9 %). Bien que Guanta ait enregistré la plus forte croissance en pourcentage parmi ces trois ports, Puerto Cabello et La Guaira conservent des niveaux de connectivité supérieurs.
Ces évolutions interviennent dans un contexte de perturbations opérationnelles consécutives aux séismes qui ont frappé le Venezuela le 24 juin 2026, provoquant des dommages structurels au terminal à conteneurs de La Guaira.
Dans un avis adressé à ses clients le 26 juin, CMA CGM a confirmé le déroutement de ses navires vers Puerto Cabello afin de maintenir les opérations de transport de marchandises. La compagnie a précisé :
« Cet ajustement opérationnel a été mis en œuvre afin d’assurer la continuité du service dans les circonstances actuelles. »
Ces modifications ont concerné le service Cagema V de CMA CGM, dont les navires devaient faire escale à Puerto Cabello au lieu de La Guaira. Pour son service PEX2, les conteneurs ont été réacheminés via Carthagène, en Colombie, pour y être transbordés avant leur acheminement vers le Venezuela.
La Mediterranean Shipping Company (MSC) a également annoncé des déroutements de marchandises vers Puerto Cabello début juillet, en s’appuyant sur des connexions régionales de feedering pour maintenir les livraisons.
Ces ajustements illustrent le rôle des ports alternatifs et des dispositifs de transbordement dans le maintien des services maritimes en cas de perturbation des infrastructures. Toutefois, les données disponibles ne permettent pas d’établir si ces changements ont directement contribué à la hausse annuelle de l’indice LSCI du pays.
Une connectivité renforcée, mais une hausse du trafic encore à confirmer
L’amélioration du classement du Venezuela en matière de connectivité maritime régulière témoigne d’une évolution de son accès aux services internationaux de transport maritime conteneurisé. Pour les chargeurs et les opérateurs logistiques, la connectivité des réseaux constitue un facteur important, car elle peut influencer les possibilités de transport, la flexibilité des itinéraires et l’accès aux marchés étrangers.
Cette progression doit néanmoins être interprétée en tenant compte des limites de l’indicateur. Le LSCI mesure la connectivité maritime programmée, et non les volumes réels de marchandises transportées, la productivité portuaire ou les coûts du fret.
L’indice national ne peut pas non plus être directement comparé aux indices de connectivité des différents ports, qui mesurent l’intégration à des échelles géographiques distinctes.
Si les chiffres du troisième trimestre confirment une amélioration significative de la position relative du Venezuela dans les réseaux mondiaux de transport maritime régulier, des données complémentaires sur les services maritimes et les volumes de marchandises manutentionnées dans les ports seraient nécessaires pour déterminer les facteurs à l’origine de cette progression et évaluer si elle se traduit par une activité commerciale durable.




