Navires sous pavillon panaméen touchés : l’OMI recense 80 attaques autour d’Ormuz

The Strait of Hormuz and the Musandam Peninsula of Oman seen from the International Space Station

Dans deux communiqués, le 15 septembre et le 8 octobre, l’Autorité maritime du Panama (AMP) a signalé des attaques contre des navires sous pavillon panaméen : le pétrolier El Gaia dans le détroit d’Ormuz, puis l’On Peace dans les eaux internationales. L’Organisation maritime internationale (OMI) avait pour sa part confirmé 80 attaques contre la navigation marchande dans le détroit et à ses abords entre le 28 février et la mi-septembre.

Selon la CNUCED, le Panama possède le deuxième registre d’immatriculation au monde en capacité de transport : 350 millions de tonnes de port en lourd, derrière le Liberia (447 millions) et devant les Îles Marshall (318 millions).

OMI : les conflits ne doivent pas servir de prétexte aux attaques

Devant le Sous-comité du transport des cargaisons et des conteneurs (CCC 12), réuni à Londres du 14 au 18 septembre, le secrétaire général de l’OMI, Arsenio Dominguez, a appelé les États membres à s’abstenir de toute action qui met en danger les navires marchands et leurs équipages, selon un communiqué publié le 16 septembre. « N’utilisez pas ces conflits pour attaquer des marins innocents », a-t-il déclaré aux délégués.

Les attaques confirmées par l’OMI autour d’Ormuz depuis le début du conflit au Moyen-Orient, le 28 février, avaient fait au moins 22 morts parmi les marins et de nombreux blessés. Arsenio Dominguez a insisté sur un point : ces attaques ne sont pas le fait d’un seul acteur. À Ormuz comme en mer Noire et en mer d’Azov, plus d’un pays s’en est pris à des navires marchands.

Il a précisé que traiter les causes profondes de ces conflits ne relève pas du mandat de l’OMI, et a invité les délégués à porter la question auprès de leurs gouvernements et des organes compétents des Nations unies. Le 14 septembre, à l’ouverture de la session, il avait rappelé aux armateurs, aux exploitants et aux États du pavillon qu’ils doivent procéder à des évaluations des risques réalistes et approfondies avant d’envoyer des navires dans ces eaux.

Deux navires sous pavillon panaméen touchés

Premier cas, celui du pétrolier El Gaia. D’après un communiqué de l’AMP du 15 septembre, le navire a été touché au niveau de la salle des machines alors qu’il franchissait le détroit d’Ormuz, au nord de la péninsule omanaise de Musandam, et l’impact a déclenché un incendie à bord. Vingt-trois des 25 membres d’équipage ont été évacués ; deux restaient portés disparus.

Le 5 octobre à 19 h 30 UTC, l’On Peace (IMO 9893204) a été frappé par un projectile d’origine inconnue dans les eaux internationales, alors qu’il faisait route de Sitrah, à Bahreïn, vers Fujairah, aux Émirats arabes unis. Douze marins ont été blessés, dont dix ont été évacués pour être soignés à terre, a indiqué l’AMP le 8 octobre. Tout l’équipage a été recensé et aucune pollution marine n’a été constatée. Le navire était remorqué vers Shinas, à Oman, pour une évaluation technique des dégâts.

Les précautions demandées à la flotte panaméenne

Après chacun de ces incidents, l’AMP a rappelé à la flotte internationale deux avis à la marine marchande, MMN-04/2025 et MMN-05/2026. Le second, publié en mars 2026, vise les navires panaméens qui opèrent ou transitent à proximité de l’Iran, d’Israël, du golfe Persique, du golfe d’Oman et du détroit d’Ormuz. Capitaines, armateurs et exploitants y sont appelés à renforcer les protocoles de sûreté à bord, à accroître la surveillance, à relever les niveaux de sûreté prévus par le plan de sûreté du navire, à revoir attentivement leurs itinéraires et, autant que possible, à éviter les zones à haut risque.

Des navires sanctionnés rayés du registre

Le Panama agit aussi sur le terrain des sanctions. Le 9 octobre, l’AMP a indiqué que trois navires sous son pavillon, inscrits la veille sur la liste de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Trésor américain, le Bitu (IMO 9531765), le Starway (IMO 9273246) et le Mackerel (IMO 9234628), faisaient l’objet de restrictions dans son système. Leur radiation d’office a été engagée en vertu du décret exécutif n° 512 du 28 octobre 2024.

Le même communiqué évoque la liste publiée le 8 octobre par le Royaume-Uni contre la « flotte fantôme » russe : aucun des navires cités ne figurait à cette date au registre panaméen, précise l’autorité, six d’entre eux en ayant été retirés entre le 29 janvier et le 6 août 2026.

À lire aussi : Le Panama inscrit sa recertification ISO dans une stratégie plus large de performance de son registre maritime

Sources : Organisation maritime internationale (communiqué du 16 septembre 2026 ; discours d’ouverture du CCC 12, 14 septembre 2026) ; Autorité maritime du Panama (communiqués des 6 mars, 15 septembre, 8 octobre et 9 octobre 2026) ; CNUCED (données mises à jour le 18 juin 2026).

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