Le trafic aérien régional de la Guadeloupe a poursuivi sa reprise en 2025, mais la situation reste fortement contrastée selon les marchés voisins. Alors que les flux vers la Martinique, la Guyane française et les Îles du Nord se sont renforcés, le trafic avec le reste de la Caraïbe demeure nettement inférieur aux niveaux d’avant la pandémie, révélant une faiblesse persistante dans la reprise de la connectivité régionale.
Selon le dossier de presse 2026 de l’aéroport Guadeloupe Maryse Condé, le marché Martinique/Guyane française a accueilli 370 335 passagers en 2025, en hausse de 5,3 % sur un an, tandis que les Îles du Nord ont atteint 187 605 passagers, soit une progression de 5,6 %. À l’inverse, le segment du reste de la Caraïbe a évolué dans la direction opposée, reculant de 3,1 % par rapport à 2024 pour s’établir à 40 622 passagers.
Les marchés de proximité montrent une plus grande résilience
La tendance la plus marquante qui ressort des données de l’aéroport est la résilience relative des marchés régionaux de proximité.
La Martinique et la Guyane française représentaient ensemble 17,3 % du trafic passagers de l’aéroport en 2025. Bien que ce segment soit resté 15,7 % en dessous de son niveau de 2019, sa croissance annuelle témoigne d’une poursuite de la reprise du trafic au sein du corridor reliant la Caraïbe française et la Guyane.
Fort-de-France est restée la deuxième destination de l’aéroport après Paris, avec 320 223 passagers, en hausse de 5,3 % par rapport à 2024. Cayenne a également enregistré une progression, atteignant 50 112 passagers, soit une augmentation de 5,2 %.
Les Îles du Nord présentent un profil de reprise encore plus avancé. Avec 187 605 passagers, ce marché ne se situait plus qu’à 2,3 % sous son niveau de 2019, ce qui en fait l’un des segments régionaux les plus proches d’un retour complet à sa base de trafic d’avant la pandémie.
Les performances au sein de ce segment restent toutefois très contrastées. Grand Case a enregistré 157 338 passagers, en recul de 0,5 % sur un an, tandis que Saint-Barthélemy a fortement progressé pour atteindre 30 267 passagers, soit une hausse de 58,4 %.
La connectivité avec le reste de la Caraïbe demeure le principal point faible
Le contraste devient plus marqué lorsqu’on regarde au-delà des marchés régionaux les plus proches de la Guadeloupe.
Le segment du reste de la Caraïbe a accueilli 40 622 passagers en 2025, soit seulement 1,9 % du trafic passagers total. Selon les chiffres de l’aéroport, ce marché a reculé de 3,1 % par rapport à 2024 et demeure 58,5 % en dessous de son niveau de 2019.
Il s’agit du signal le plus clair du caractère encore incomplet de la reprise des liaisons aériennes régionales. Alors que les marchés de proximité retrouvent progressivement leurs volumes, la connectivité avec l’ensemble plus large de la Caraïbe n’a pas encore renoué avec son niveau d’avant la pandémie.
Les données par liaison confirment cette fragmentation. Le trafic vers la République dominicaine a atteint 19 128 passagers, en baisse de 5,2 % sur un an, tandis que la Barbade a fait son entrée parmi les dix premières destinations de l’aéroport avec 5 506 passagers, apparaissant comme un nouveau marché dans le classement 2025.
Ces chiffres ne dessinent pas une trajectoire régionale unique. Ils révèlent au contraire un réseau dans lequel les différents marchés évoluent à des rythmes sensiblement différents.
Les performances des compagnies aériennes reflètent les mêmes disparités
Les données par transporteur soulignent également le caractère différencié de la reprise.
Air Antilles a transporté 92 656 passagers en 2025, soit une hausse de 193,9 % par rapport à 2024. Son trafic restait toutefois 61,9 % inférieur à celui de 2019, rappelant qu’une forte croissance annuelle peut coexister avec un écart encore considérable sur le long terme.
St Barth Executive a enregistré 15 458 passagers, en progression de 154,2 % sur un an, tout en restant 20,4 % sous son niveau de 2019. Sky High, de son côté, a transporté 19 128 passagers, en recul de 5,1 % par rapport à 2024.
Ces données appellent donc à la prudence. De fortes hausses en pourcentage peuvent refléter une reprise à partir de bases de comparaison plus faibles, et le dossier de presse de l’aéroport ne fournit pas suffisamment de détails sur les capacités en sièges, les fréquences, les coefficients de remplissage ou les évolutions de flotte pour attribuer ces mouvements à une cause unique.
Une reprise régionale à plusieurs vitesses
Les chiffres 2025 de la Guadeloupe révèlent une nette divergence dans le rythme de la reprise régionale. Les marchés de proximité — notamment les Îles du Nord et le corridor Martinique/Guyane française — montrent une plus grande résilience, tandis que le segment du reste de la Caraïbe demeure très en dessous de son niveau de trafic de 2019.
Pour l’aéroport Guadeloupe Maryse Condé, le tableau est donc moins celui d’une croissance régionale uniforme que celui d’une connectivité qui se rétablit à des rythmes différents selon les marchés. Le retour du trafic de proximité est significatif, mais il ne s’est pas encore traduit par une reconstitution complète du réseau caribéen plus large de l’aéroport.



