Une gouvernance maritime renforcée pourrait consolider le commerce et la logistique de la Caraïbe

La cinquième réunion régionale des directeurs et chefs des administrations maritimes (DIHMAR5), qui s’est tenue en Guyane fin juin, a été plus qu’une simple discussion politique régionale. En lançant une nouvelle initiative de coopération juridique et en identifiant des priorités techniques communes, les autorités maritimes de la Caraïbe ont signalé un effort plus large pour renforcer les fondements institutionnels qui soutiennent le commerce, le transport maritime et le développement portuaire dans toute la région.

Le transport maritime est l’épine dorsale du commerce de la Caraïbe, reliant les économies insulaires aux marchés régionaux et mondiaux. Dans ce contexte, le rassemblement de hauts fonctionnaires maritimes de 13 États membres de la Caraïbe à Georgetown a représenté une opportunité non seulement de discuter des questions réglementaires, mais aussi de promouvoir une approche plus coordonnée de la gouvernance maritime.

Organisée conjointement par le Bureau de présence régionale de l’Organisation maritime internationale (OMI) pour la Caraïbe et le Département de l’administration maritime (MARAD) de la Guyane, la DIHMAR5 a mis l’accent sur le renforcement de la coopération régionale tout en définissant les futures priorités d’assistance technique dans le cadre du Programme intégré de coopération technique (ITCP) de l’OMI.

Un cadre juridique plus solide pour soutenir le développement maritime

Le résultat le plus significatif de la réunion a été le lancement de l’Initiative juridique maritime intelligente de la Caraïbe (CARIBSMART-Law), un programme régional conçu pour aider les États membres à moderniser leur législation maritime et à améliorer la mise en œuvre des instruments de l’OMI et des conventions maritimes internationales.

Bien qu’il s’agisse principalement d’une initiative juridique et institutionnelle, sa portée s’étend au-delà de la conformité réglementaire. Une législation maritime plus cohérente peut renforcer la capacité administrative, améliorer l’application des obligations internationales et contribuer à un environnement d’exploitation plus prévisible pour le secteur maritime.

Pour les ports, les compagnies maritimes et les administrations maritimes, des cadres de gouvernance plus solides peuvent faciliter la coopération entre les juridictions tout en renforçant la confiance dans les systèmes maritimes régionaux.

Priorités communes avec des implications opérationnelles

Les participants ont également examiné les priorités techniques de la région, identifiant les domaines qui guideront la future coopération de l’OMI dans la Caraïbe.

Parmi eux figurent :

  • sécurité maritime ;
  • protection du milieu marin ;
  • contrôle par l’État du port ;
  • sûreté maritime ;
  • facilitation ;
  • formation et développement des gens de mer ;
  • renforcement des capacités institutionnelles ;
  • coopération technique régionale.

Bien que ces thèmes soient souvent abordés individuellement, la DIHMAR5 a souligné l’importance de les traiter par une approche régionale coordonnée. L’amélioration des capacités institutionnelles et de la coopération technique peut aider les administrations à répondre plus efficacement aux normes internationales en évolution tout en soutenant des opérations maritimes plus résilientes.

La gouvernance comme moteur de la résilience économique

Les discussions à Georgetown ont également reflété une compréhension plus large de la relation entre la gouvernance maritime et le développement économique.

Lors de la cérémonie d’ouverture, le ministre des Services publics et de l’Aviation de la Guyane, Deodat Indar, a noté que le transport maritime représente plus de 80 % des mouvements de marchandises mondiaux, soulignant l’importance stratégique de la collaboration régionale dans un environnement commercial de plus en plus interconnecté.

Ses remarques ont lié la coopération maritime à des priorités économiques plus larges, notamment la logistique, la sécurité alimentaire, la gestion environnementale et la résilience régionale – des domaines qui deviennent de plus en plus interconnectés à mesure que les économies des Caraïbes cherchent à renforcer les chaînes d’approvisionnement et à améliorer la connectivité.

La Guyane renforce son profil maritime régional

L’accueil de la DIHMAR5 pour la première fois a également marqué une étape importante pour la Guyane.

Le pays a profité de l’événement pour réaffirmer son ambition de développer un secteur maritime moderne, sûr et durable tout en se positionnant comme un contributeur actif à la coopération régionale.

Le ministre des Travaux publics, l’évêque Juan Edghill, a également encouragé les délégués à élargir les discussions au-delà des questions administratives en mettant davantage l’accent sur l’économie bleue et l’utilisation durable des ressources marines. Son intervention a reflété une reconnaissance régionale croissante selon laquelle la gouvernance maritime soutient de plus en plus des objectifs de développement plus larges, parallèlement aux opérations de transport maritime et portuaires.

Au-delà de la réunion

La DIHMAR5 n’a pas été caractérisée par des annonces d’infrastructures majeures ou de nouveaux accords de transport maritime. Sa signification réside plutôt dans l’orientation institutionnelle qu’elle donne.

Grâce à des initiatives telles que CARIBSMART-Law et à un accent renouvelé sur les priorités techniques partagées, les administrations maritimes des Caraïbes cherchent à renforcer les structures de gouvernance qui sous-tendent le secteur maritime de la région. Bien que l’impact pratique dépendra de la mise en œuvre au niveau national, un environnement réglementaire plus coordonné pourrait progressivement renforcer les conditions qui favorisent un transport maritime plus sûr, une coopération régionale plus forte et un commerce maritime plus efficace.

Crédit photo : Organisation maritime internationale (OMI)

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