La certification aéroportuaire et la supervision réglementaire se sont imposées comme des thèmes centraux lors du premier séminaire sur les cadres juridiques émergents dans l’aviation civile organisé par l’Eastern Caribbean Civil Aviation Authority (ECCAA) les 13 et 14 novembre 2025 à Antigua-et-Barbuda.
Parmi les interventions présentées figurait « More Than a Stamp: How Aerodrome Certification Reflects Strong Management », animée par Danny Boutin, Senior Director of Airport Assessments and Services chez Airports Council International. La présentation a analysé la manière dont les cadres de certification aéroportuaire fonctionnent désormais comme de véritables systèmes de gouvernance opérationnelle et de responsabilité réglementaire.
Une certification qui dépasse la simple validation réglementaire
Selon la présentation, la certification d’aérodrome démontre qu’un aéroport est capable de gérer, exploiter, maintenir et développer ses infrastructures en toute sécurité dans le cadre d’un environnement réglementaire établi.
Au-delà d’une simple approbation administrative, la certification reflète la capacité d’un aéroport à mettre en œuvre des procédures opérationnelles, gérer les risques et maintenir sa conformité avec les standards internationaux de l’aviation.
La présentation a également souligné que les cadres de certification favorisent l’harmonisation des opérations aéroportuaires tout en permettant aux régulateurs de suivre les performances en matière de sécurité et la responsabilité opérationnelle dans le temps.
Les standards de l’OACI au cœur de la supervision aéroportuaire
Les systèmes de certification aéroportuaire reposent généralement sur des législations nationales alignées sur les standards développés par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI / ICAO).
L’intervention a mis en avant l’importance de l’Annexe 14 de l’OACI, qui définit les normes et pratiques recommandées à l’échelle internationale pour la conception et l’exploitation des aérodromes.
Les systèmes de certification sont également liés aux Standards and Recommended Practices (SARPs) de l’OACI, qui constituent le socle réglementaire international utilisé par les autorités de l’aviation civile pour superviser les infrastructures et opérations aéroportuaires.
La présentation a détaillé la manière dont les cadres de certification impliquent généralement plusieurs niveaux de responsabilité partagés entre les gouvernements, les autorités de l’aviation civile, les exploitants aéroportuaires et les prestataires de services.
Le manuel d’aérodrome comme document opérationnel central
Un élément central du processus de certification est le manuel d’aérodrome, décrit lors du séminaire comme « la pièce la plus importante » du dispositif de certification.
Ce document fournit une description détaillée des infrastructures aéroportuaires, des procédures opérationnelles, des systèmes de sécurité et des responsabilités organisationnelles. Il sert également de référence aux régulateurs pour évaluer la conformité d’un aéroport aux exigences de certification.
La présentation a expliqué que le manuel d’aérodrome contribue à l’établissement de pratiques opérationnelles standardisées tout en documentant la manière dont les procédures de gestion de la sécurité sont mises en œuvre et maintenues.
Une supervision continue et une responsabilité opérationnelle renforcée
Le séminaire a également rappelé que la certification aéroportuaire ne constitue pas une approbation ponctuelle.
Les systèmes de certification reposent généralement sur des mécanismes de supervision continue incluant inspections, audits, activités de surveillance et procédures correctives destinées à garantir le maintien de la conformité réglementaire.
Cette approche permet aux autorités aéronautiques de suivre les performances opérationnelles tout en s’assurant que les exploitants aéroportuaires continuent de respecter les standards de sécurité à mesure que les infrastructures et les niveaux de trafic évoluent.
La présentation a également souligné que la responsabilité dans les systèmes de certification dépasse les seuls exploitants aéroportuaires et implique plusieurs acteurs de l’écosystème aérien.
Des programmes internationaux pour renforcer la sécurité aéroportuaire
Les programmes internationaux de sécurité aéroportuaire ont également été abordés durant le séminaire.
L’une des initiatives évoquées est APEX in Safety, lancée en 2012 par Airports Council International en coopération avec l’OACI. Ce programme propose des évaluations de sécurité par les pairs ainsi qu’un accompagnement technique pour les aéroports souhaitant renforcer leurs performances opérationnelles et s’aligner sur les standards internationaux.
Selon les chiffres présentés lors du séminaire, le programme a réalisé plus de 150 évaluations de sécurité à travers le monde depuis son lancement.
Les discussions ont mis en évidence la manière dont la coopération internationale et les mécanismes d’évaluation par les pairs viennent désormais compléter les systèmes nationaux de supervision réglementaire dans le secteur aérien.
La certification comme composante d’une gouvernance aérienne élargie
Les échanges lors du séminaire de l’ECCAA ont illustré l’évolution de la certification aéroportuaire vers un mécanisme plus large de gouvernance et de supervision dans l’aviation internationale.
Alors que les systèmes aéronautiques caribéens poursuivent leur modernisation, les cadres de certification, le suivi opérationnel et l’alignement sur les standards de l’OACI demeurent des éléments centraux pour garantir des infrastructures aéroportuaires sûres et conformes aux exigences internationales dans la région.



