L’aéroport Guadeloupe Maryse Condé International a enregistré près de 2,2 millions de passagers en 2025, confirmant une reprise progressive du trafic aérien, bien que les volumes restent inférieurs aux niveaux d’avant la pandémie. Les dernières données mettent en évidence un réseau en transition, où la croissance des liaisons nord-américaines et le retour de la connectivité caribéenne commencent à rééquilibrer un marché historiquement dominé par la France.
Une reprise engagée, mais encore en deçà des niveaux d’avant crise
Le trafic total a atteint 2 193 878 passagers en 2025, soit une hausse de +2,0 % par rapport à 2024, mais reste -11,9 % en dessous des niveaux de 2019, selon le dossier de presse 2026 de l’aéroport.
L’activité opérationnelle s’est néanmoins accélérée, avec 25 402 mouvements d’avions, en hausse de +18,7 % sur un an, tandis que le fret affiche également une forte dynamique avec 13 656 tonnes (+23,5 %). Ces indicateurs traduisent une reprise des opérations, alors que les volumes de passagers continuent de se normaliser plus progressivement.
À court terme, les tendances restent contrastées. En janvier 2026, l’aéroport a accueilli 212 696 passagers, soit une baisse de -4,4 % par rapport à janvier 2025, reflétant les ajustements en cours des capacités aériennes et la restructuration des réseaux.
Un réseau encore dominé par la France
La structure du trafic reste fortement concentrée sur la France métropolitaine, qui représente 64,5 % du total des passagers en 2025, avec plus de 1,38 million de voyageurs. Paris demeure de loin la principale destination, avec 1,37 million de passagers.
Toutefois, cette domination commence à évoluer. Si le trafic vers la France progresse légèrement sur un an, il reste inférieur aux niveaux d’avant crise, et les données récentes montrent une baisse de -4,0 % en janvier 2026, en partie liée à des optimisations de capacité opérées par les compagnies aériennes.
L’Amérique du Nord s’impose comme moteur de croissance
La croissance provient de plus en plus de l’Amérique du Nord, en particulier du Canada. Le marché canadien a enregistré 98 435 passagers en 2025 (+9,1 %) et continue de progresser début 2026.
Sur le seul mois de janvier, le trafic vers le Canada a atteint 18 073 passagers, soit une hausse de +24,5 % par rapport à 2025 et de +55,1 % par rapport à 2019. L’ouverture de nouvelles liaisons directes, notamment vers Toronto, renforce cette dynamique.
Globalement, le trafic nord-américain a progressé de +20,4 % en janvier 2026, tandis que la ligne vers Miami affiche également une hausse de +6,3 %, confirmant le poids croissant de ce segment dans le réseau de l’aéroport.
La connectivité caribéenne montre des signes de reprise
Bien qu’elle ne représente que 1,9 % du trafic total en 2025, la zone caraïbe retrouve une dynamique positive. Le trafic intra-régional reste structurellement faible par rapport à l’avant-pandémie (-58,5 % vs 2019), mais les données récentes indiquent un rebond.
En janvier 2026, le trafic caribéen a progressé de +37,9 % sur un an, soutenu par une amélioration des performances des compagnies et des ajustements du réseau.
Cette reprise est également portée par de nouvelles liaisons. LIAT Air a annoncé l’ouverture de vols directs entre Pointe-à-Pitre et Antigua (quatre fréquences hebdomadaires) ainsi que Montego Bay (deux fréquences hebdomadaires), opérés toute l’année. La réouverture d’Antigua rétablit une liaison historique, tandis que la nouvelle route vers la Jamaïque élargit l’accès à l’ensemble de la Caraïbe et crée des connexions indirectes vers des marchés comme les États-Unis et le Royaume-Uni.
Un réseau en recomposition
Ces évolutions traduisent une stratégie plus large de diversification du réseau. Si la France métropolitaine reste le socle du trafic, l’aéroport développe activement ses connexions vers l’Amérique du Nord et les marchés régionaux caribéens.
Dans le même temps, certains segments restent sous pression. Le trafic vers les Îles du Nord a reculé de -14,6 % en janvier 2026, principalement en raison de la suspension des opérations d’Air Antilles, tandis que les flux vers la Martinique et la Guyane française sont restés globalement stables.
Vers un modèle de connectivité plus équilibré
Le réseau aérien de la Guadeloupe entre dans une nouvelle phase. Les données indiquent un glissement progressif d’un modèle fortement concentré vers une structure plus diversifiée, portée par l’ouverture de nouvelles routes, la montée en puissance du marché nord-américain et le retour de la connectivité régionale.
Si la reprise reste inégale, notamment au regard des niveaux de 2019, les tendances récentes du trafic et les évolutions du réseau suggèrent que l’aéroport se repositionne dans le paysage aérien caribéen, avec une attention accrue portée à la diversification internationale et à l’intégration régionale.



