La Port Authority of Trinidad and Tobago a remporté la NovaPort Cup 2026, devançant le Grand Port Maritime de la Guyane et l’Établissement Portuaire de Saint-Martin. Le Grand Port Maritime de la Martinique prend la quatrième place, permettant ainsi aux ports ultramarins français d’occuper les trois positions qui suivent immédiatement le vainqueur de cette édition de la distinction portuaire caribéenne.
Remise à l’occasion des PMAC Gala Awards 2026, la NovaPort Cup récompense le port membre de la Port Management Association of the Caribbean (PMAC) ayant enregistré la progression globale la plus remarquable au regard d’un ensemble d’indicateurs opérationnels et financiers.
Trinité-et-Tobago termine en tête avec 33 points, devant la Guyane (24 points) et Saint-Martin (18 points). La Martinique se classe quatrième avec 17 points, à une unité seulement du podium, tandis que la Port Authority of the Cayman Islands complète le Top 5 avec 15 points.
Une victoire portée par la performance financière et la productivité des équipes
Le succès de la Port Authority of Trinidad and Tobago repose notamment sur sa première place dans trois des cinq indicateurs de performance retenus par la PMAC.
L’autorité portuaire domine les classements de la recette par tonne génératrice de revenus, du bénéfice net par tonne génératrice de revenus et du nombre d’employés par tonne génératrice de revenus. Pris dans leur ensemble, ces résultats traduisent une performance davantage fondée sur l’efficacité de la génération de revenus, la rentabilité financière et la productivité de la main-d’œuvre que sur la seule progression des volumes de marchandises.
En revanche, la Port Authority of Trinidad and Tobago ne s’est pas imposée dans la catégorie du volume total de marchandises, remportée par la Montserrat Port Authority. Elle ne figure pas non plus parmi les cinq premiers ports pour les dépenses par tonne génératrice de revenus, un indicateur dominé par la Port Authority of the Cayman Islands.
Cette distinction est essentielle, car la NovaPort Cup ne vise pas à désigner le port traitant le plus grand volume absolu de marchandises. La PMAC privilégie avant tout les progrès réalisés dans le temps, permettant à des ports disposant d’infrastructures, de ressources et de niveaux de développement technologique différents de concourir selon un même référentiel.
Le prix offre ainsi une lecture plus complète de la performance portuaire que les classements fondés uniquement sur les volumes manutentionnés. Son modèle d’évaluation combine l’activité opérationnelle, la création de revenus, la maîtrise des coûts, la rentabilité et l’efficacité des ressources humaines.
La Guyane s’impose comme le challenger le plus régulier
Si le Grand Port Maritime de la Guyane n’a remporté aucune catégorie individuelle, il s’est distingué par l’une des performances les plus homogènes de la compétition.
Le port se classe deuxième pour la recette par tonne génératrice de revenus ainsi que pour les dépenses par tonne génératrice de revenus. Il obtient également la troisième place pour le bénéfice net par tonne génératrice de revenus et le nombre d’employés par tonne génératrice de revenus.
Sa présence dans le Top 3 de quatre des cinq indicateurs explique directement sa deuxième place au classement général. Plutôt que de s’appuyer sur un résultat exceptionnel dans une seule catégorie, le port a démontré une progression équilibrée sur plusieurs dimensions financières et organisationnelles.
Cette performance conforte également la position de la Guyane au sein de la communauté portuaire de la PMAC, où des autorités portuaires aux marchés, profils de trafic et infrastructures très différents sont évaluées en fonction de leur propre progression.
Le modèle de la NovaPort Cup formalise clairement ce principe : les ports de plus petite taille ne sont pas censés rivaliser avec les plus grands hubs de la région en matière de volumes absolus. Ils sont évalués sur leur capacité à améliorer leurs propres performances opérationnelles et financières.
Saint-Martin complète le podium, la Martinique à un point seulement
L’Établissement Portuaire de Saint-Martin décroche la troisième place grâce à sa présence dans les classements liés à l’activité portuaire, à l’efficacité de la génération de revenus et à la rentabilité.
Saint-Martin se classe quatrième pour le volume total de marchandises, troisième pour la recette par tonne génératrice de revenus et deuxième pour le bénéfice net par tonne génératrice de revenus. C’est donc sur la rentabilité que le port réalise sa meilleure performance, juste derrière Trinité-et-Tobago.
Le Grand Port Maritime de la Martinique suit immédiatement à la quatrième place, à un seul point de Saint-Martin.
La Martinique se classe cinquième pour la recette par tonne génératrice de revenus, troisième pour les dépenses par tonne génératrice de revenus et deuxième pour le nombre d’employés par tonne génératrice de revenus. Ces résultats montrent que la maîtrise des coûts et la productivité des équipes ont largement contribué à son classement général.
La bonne performance des ports ultramarins français ne s’arrête pas au Top 4. Le Grand Port Maritime de la Guadeloupe figure également parmi les meilleurs dans le classement de la productivité des effectifs, avec une quatrième place dans la catégorie du nombre d’employés par tonne génératrice de revenus.
Au total, les ports ultramarins français ont marqué cette édition 2026 de leur empreinte. La Guyane, Saint-Martin et la Martinique occupent les trois places situées juste derrière le vainqueur, tandis que la Guadeloupe apparaît dans l’un des cinq classements thématiques.
Une évaluation qui dépasse les seuls volumes de marchandises
La NovaPort Cup s’appuie sur cinq indicateurs clés de performance.
Le premier mesure le volume total de marchandises, afin d’évaluer le niveau d’activité opérationnelle. Le deuxième porte sur la recette générée par tonne génératrice de revenus, tandis que le troisième analyse les dépenses par tonne génératrice de revenus.
Les deux derniers indicateurs mesurent le bénéfice net par tonne génératrice de revenus et le nombre d’employés par tonne génératrice de revenus, couvrant respectivement la performance financière et la productivité de la main-d’œuvre.
Selon la présentation de la PMAC, cette méthodologie vise à encourager le benchmarking entre ports, à promouvoir les bonnes pratiques et à soutenir les gains d’efficacité ainsi que l’amélioration de la qualité de service. Elle entend également démontrer que l’excellence portuaire peut résulter d’une gestion performante, de l’innovation et de la discipline financière, plutôt que de la seule taille des infrastructures ou des ressources disponibles.
Cette distinction s’inscrit dans l’objectif plus large de la PMAC de renforcer l’efficacité opérationnelle et financière des ports caribéens grâce au partage d’expériences, à la formation, à la diffusion d’informations et à l’échange de bonnes pratiques.
En revanche, les résultats publiés ne présentent pas les données détaillées relatives aux volumes de marchandises, aux recettes, aux dépenses, aux bénéfices ou aux effectifs. Ils ne précisent pas non plus les périodes retenues pour mesurer les progrès, ni la méthode exacte utilisée pour établir les scores finaux.
Le classement doit donc être interprété comme une mesure des progrès réalisés selon le modèle d’évaluation de la PMAC, et non comme une comparaison de la taille financière, de la rentabilité absolue ou de la capacité globale de manutention des différents ports.
Une vision plus complète de la compétitivité portuaire dans les Caraïbes
La NovaPort Cup 2026 illustre l’évolution des critères utilisés pour apprécier la performance portuaire dans la région.
L’activité cargo demeure un indicateur important, mais elle ne représente qu’une partie de l’évaluation. La capacité à générer des revenus, à maîtriser les dépenses, à améliorer la rentabilité et à optimiser les ressources humaines pèse désormais tout autant dans le résultat final.
La victoire de Trinité-et-Tobago reflète sa solidité sur plusieurs de ces dimensions. Dans le même temps, les performances de la Guyane, de Saint-Martin et de la Martinique montrent qu’un port n’a pas besoin de dominer toutes les catégories pour figurer parmi les meilleurs de la région.
Au-delà du classement lui-même, l’édition 2026 délivre un message clair pour le secteur portuaire caribéen : la taille des installations ou le volume des trafics ne suffisent plus à eux seuls à mesurer la performance. La qualité de la gestion, la discipline financière et l’amélioration continue s’imposent désormais comme des leviers majeurs de la compétitivité régionale.



