Sélectionnée lauréate de la première édition du Challenge Innov’Ultramarin de France Travail, la startup martiniquaise utilise l’intelligence artificielle pour développer une plateforme numérique destinée à connecter les opérateurs nautiques caribéens et les voyageurs.
Née en Martinique, une startup porte sa vision de l’innovation maritime caribéenne sur l’une des plus grandes scènes technologiques d’Europe. MiBelBoat, une plateforme de réservation nautique propulsée par l’IA, a été sélectionnée pour participer à VivaTech 2026 et a reçu le Trophée Passeport Technologique en tant que lauréate du premier Challenge Innov’Ultramarin de France Travail.
Fondée par l’entrepreneur martiniquais Alexis Mompert et le cofondateur Aurélien Filin, MiBelBoat entend combler une lacune de longue date dans l’industrie nautique régionale : l’absence d’un écosystème numérique unifié capable de connecter, à l’échelle des Caraïbes, les voyageurs, les opérateurs de bateaux et les acteurs du tourisme.

Une idée ancrée dans l’expérience opérationnelle
Le projet s’appuie sur plusieurs années d’expérience de terrain acquises au sein de Boat Paradise, une entreprise spécialisée dans les expériences nautiques premium dans les Caraïbes. La collaboration étroite avec les opérateurs, les marinas, les professionnels du tourisme et les clients a permis aux fondateurs d’identifier des difficultés récurrentes qui continuent de structurer le secteur.
Malgré l’attrait mondial des Caraïbes en tant que destination touristique, de nombreuses réservations nautiques sont encore gérées par téléphone, e-mail et applications de messagerie, ce qui fragmente le parcours client et limite la visibilité des opérateurs locaux.
MiBelBoat vise à simplifier cette expérience grâce à une plateforme centralisée intégrant la réservation en ligne, l’automatisation et l’intelligence artificielle.
Construire un hub maritime caribéen
Selon l’entreprise, la plateforme regroupe déjà environ 500 bateaux sur huit îles et a généré plus de 3 000 avis, avec une note client de 4,9 sur 5.
Au-delà de l’expérience de réservation, MiBelBoat a également développé des outils propulsés par l’IA destinés aux opérateurs. Le système peut répondre aux demandes des clients 24 h/24, qualifier les prospects, générer des devis et automatiser les relances, permettant aux propriétaires de flottes de gérer l’activité commerciale plus efficacement.
L’entreprise décrit son ambition comme la création du premier hub maritime dédié des Caraïbes, développé depuis la Martinique mais conçu pour un déploiement régional.

Une innovation au service de l’économie bleue
Les ambitions de la startup vont au-delà de la technologie. Grâce à une meilleure visibilité et à des processus de réservation plus fluides, MiBelBoat estime pouvoir aider les entreprises nautiques à générer une activité plus régulière tout au long de l’année, en soutenant l’emploi local et en réduisant la dépendance du secteur aux périodes de forte affluence touristique.
France Travail Martinique a également mis en avant les bénéfices économiques potentiels de telles initiatives, en soulignant des opportunités pour les skippers, le personnel de maintenance, les professionnels de l’hôtellerie-restauration et les compétences numériques émergentes liées à l’économie bleue.
Une nouvelle étape internationale
La participation de MiBelBoat à VivaTech s’inscrit dans une série d’étapes clés de son parcours de développement, notamment sa sélection au programme INCOPLEX Outre-Mer, le soutien de Le Village by CA Martinique-Guyane, ainsi que sa participation à French Tech Capital Days Miami et à eMerge Americas.
Pour la startup martiniquaise, VivaTech représente plus qu’une opportunité de vitrine. L’événement offre un accès à des investisseurs, des partenaires institutionnels et des écosystèmes technologiques internationaux susceptibles d’accélérer son développement.
À l’heure où la transformation numérique redessine de plus en plus les services maritimes et touristiques dans le monde, le parcours de MiBelBoat illustre comment une innovation issue des Caraïbes peut chercher non seulement à servir les marchés locaux, mais aussi à contribuer à la construction d’écosystèmes maritimes régionaux plus connectés et intégrés.




