Air France : avec Louis-Philippe Vigilant, la gastronomie au cœur de l’expérience passager

Louis-Philippe Vigilant et Jérémy Baumann lors de la présentation de la carte Air France

Douze recettes, plusieurs mois de développement et des essais de réchauffage : la nouvelle carte Business d’Air France au départ des Antilles et de la Guyane révèle le travail nécessaire pour adapter une cuisine de chef aux opérations aériennes. Présentée le 28 octobre à Fort-de-France, la collaboration avec Louis-Philippe Vigilant sera déployée à partir du 1er novembre 2026.

Entre une recette imaginée dans un restaurant gastronomique et un plat servi en avion, il existe un travail de développement, d’essais et de transmission. Louis-Philippe Vigilant en a fait l’expérience pour sa première collaboration avec Air France et Servair.

Louis-Philippe Vigilant, chef martiniquais doublement étoilé au Guide Michelin, à la tête des cuisines de La Côte d’Or, au Relais Bernard Loiseau à Saulieu, a conçu douze créations destinées à la cabine Business. Leur réalisation mobilise les équipes chargées de les produire et de les préparer pour le service. La qualité doit donc pouvoir être reproduite au-delà des cuisines du chef.

C’est sur ce passage de la création à l’exécution que ses explications apportent un éclairage utile aux professionnels de l’expérience passager et de la restauration aérienne.

Présentation de la nouvelle carte Business Air France à Fort-de-France, avec le chef et les équipes
La nouvelle carte a été présentée à Fort-de-France le 28 octobre 2026. © LATITUDE 15

Plusieurs mois pour développer et adapter les recettes

Le travail s’est déroulé entre Saulieu, Paris et les Antilles. Les équipes de Servair se sont rendues à Saulieu pour travailler avec le chef sur les recettes. Il s’est ensuite rendu à plusieurs reprises auprès des équipes qui ont participé au développement des recettes.

Ces échanges ont permis de confronter ses propositions aux méthodes de la restauration aérienne. Louis-Philippe Vigilant insiste sur la précision nécessaire : les recettes ont été testées, puis recalibrées lorsque cela s’imposait.

Interrogé sur leur comportement après réchauffage, il indique que des essais ont été réalisés avec les équipements utilisés pour le service aérien, dans des conditions de réchauffage comparables à celles de l’avion.

Il s’agit d’une précision importante : ses propos décrivent ce travail d’adaptation et de validation. Ils ne permettent pas d’affirmer que des essais en vol ont été réalisés.

Transmettre une recette pour pouvoir la reproduire

Le développement ne s’arrête pas à la validation d’une assiette. Le chef évoque aussi le temps consacré à former les équipes et à transmettre les préparations.

Pour une compagnie aérienne, cette étape relie la signature annoncée au passager à l’expérience réellement délivrée. Le nom du chef crée une attente ; la production et le service doivent ensuite permettre de la satisfaire.

Du pot-au-feu de poissons et de crustacés au curry madras à la joue de bœuf braisée à la bourguignonne, la carte fait dialoguer les saveurs caribéennes et la cuisine bourguignonne. Le curry, le gingembre, le curcuma ou le piment végétarien participent aux recettes qu’il a souhaité développer.

La carte comprend des propositions végétariennes et des préparations à base de poisson, de viande rouge ou de volaille. Servair a annoncé lors de la présentation un fonctionnement par cycles de deux mois, avec quatre premières recettes et huit autres développées pour les renouvellements suivants.

Ce renouvellement vise notamment les voyageurs réguliers, qui pourront découvrir différentes créations au fil de leurs déplacements.

Pot-au-feu de poissons et de crustacés avec sa sauce au curry madras et ses légumes
Le pot-au-feu de poissons et de crustacés, sauce au curry madras et légumes au gingembre, figure parmi les créations annoncées. © LATITUDE 15

Une expérience Business qui donne une place au territoire

Pour Air France, cette collaboration s’inscrit dans une politique de signatures culinaires au départ de ses escales. Dans l’entretien accordé à l’occasion de la présentation, Jérémy Baumann, directeur commercial Air France-KLM Caraïbes et Guyane, souligne la volonté de mettre en avant les talents locaux.

Le choix d’un chef originaire de Martinique donne un contenu concret à cette orientation. Les plats deviennent l’un des points de contact entre la compagnie, le voyageur et le territoire de départ.

Pour les professionnels, l’intérêt de cette démarche tient à sa cohérence : la provenance du chef, les références culinaires, la présentation des plats et leur réalisation doivent raconter la même histoire.

Une offre à replacer dans le développement du réseau régional

Cette évolution du produit Business accompagne une période de développement du réseau régional Caraïbes. Air France prévoit notamment d’ouvrir la liaison Pointe-à-Pitre–Panama City le 11 décembre 2026, avec deux fréquences hebdomadaires jusqu’au 5 mars 2027. Le programme prévoit des correspondances depuis Fort-de-France et Cayenne, ainsi que des possibilités de poursuite de voyage avec Copa Airlines.

En entretien, Jérémy Baumann exprime le souhait de prolonger cette desserte à l’année. À ce stade, il s’agit d’une ambition : le calendrier officiellement annoncé demeure celui de la saison hivernale.

L’élargissement des possibilités de voyage et l’évolution du service à bord répondent à deux dimensions de l’expérience client : pouvoir rejoindre une destination et disposer d’une offre cohérente pendant le trajet.

La carte sera proposée progressivement en cabine Business sur les vols au départ de Pointe-à-Pitre, Fort-de-France, Saint-Martin et Cayenne vers Paris-Charles de Gaulle, ainsi que sur une sélection de liaisons du réseau régional Caraïbes.

En Business, les clients peuvent également présélectionner leur plat chaud jusqu’à 24 heures avant le départ, un dispositif qu’Air France présente comme un moyen de garantir leur choix et de mieux ajuster les quantités embarquées.

Pour Air France, cette collaboration inscrit la gastronomie dans l’expérience du voyage et dans le lien avec les territoires desservis. Les recettes peuvent rappeler aux passagers antillais des saveurs familières et prolonger, pour les visiteurs, la découverte de la destination. Pour les équipes, l’enjeu consiste à restituer cette identité à chaque service, à travers le goût, la régularité des préparations et la présentation des plats. La signature du chef prend ainsi tout son sens lorsqu’elle devient une expérience que le passager peut reconnaître, comprendre et apprécier.

Photographies, y compris la photo de couverture : © LATITUDE 15.

À lire sur Richès Karayib : Louis-Philippe Vigilant, de la cuisine familiale martiniquaise aux menus d’Air France.

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