{"id":26379,"date":"2026-08-03T13:30:00","date_gmt":"2026-08-03T17:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.latitude-15.com\/standardiser-les-kpi-la-donnee-qui-reconcilie-ports-et-compagnies\/"},"modified":"2026-08-03T14:34:51","modified_gmt":"2026-08-03T18:34:51","slug":"standardiser-les-kpi-la-donnee-qui-reconcilie-ports-et-compagnies","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.latitude-15.com\/fr\/standardiser-les-kpi-la-donnee-qui-reconcilie-ports-et-compagnies\/","title":{"rendered":"Standardiser les KPI : la donn\u00e9e qui r\u00e9concilie ports et compagnies"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-medium-font-size\"><em>Les ports carib\u00e9ens mesurent d\u00e9j\u00e0 leur productivit\u00e9. Le probl\u00e8me est qu\u2019ils ne le font pas toujours de la m\u00eame mani\u00e8re. Pour les compagnies maritimes qui op\u00e8rent dans plusieurs terminaux, ces diff\u00e9rences compliquent les comparaisons et r\u00e9duisent la valeur des donn\u00e9es recueillies.  <\/em><\/p>\n\n<p>Deux ports peuvent publier des indicateurs portant le m\u00eame nom tout en s\u2019appuyant sur des m\u00e9thodes de calcul ou des contextes op\u00e9rationnels diff\u00e9rents. Leurs r\u00e9sultats semblent comparables, sans n\u00e9cessairement d\u00e9crire la m\u00eame r\u00e9alit\u00e9. <\/p>\n\n<p>Cet \u00e9cart a occup\u00e9 une place centrale dans les discussions men\u00e9es lors de la<em> 29e Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale annuelle de la Port Management Association of the Caribbean<\/em>, organis\u00e9e \u00e0 Paramaribo, au Suriname. L\u2019objectif n\u2019est pas seulement de recueillir davantage d\u2019informations, mais de d\u00e9finir des indicateurs que les ports et les compagnies maritimes puissent comprendre et utiliser de la m\u00eame fa\u00e7on. <\/p>\n\n<p>Pour Darnell Barrett, Regional Operations Manager chez Tropical Shipping et Chairman du Port Efficiency Working Group de la PMAC, une standardisation accrue permettrait aux membres portuaires et aux acteurs du secteur priv\u00e9 de parler un m\u00eame langage op\u00e9rationnel.<\/p>\n\n<p>Darnell Barrett rappelle que les ports suivent d\u00e9j\u00e0 leur productivit\u00e9 et diff\u00e9rents indicateurs cl\u00e9s de performance. Mais la diversit\u00e9 des m\u00e9thodes employ\u00e9es n\u2019offre pas toujours aux transporteurs une base suffisamment coh\u00e9rente pour comparer les r\u00e9sultats et prendre des d\u00e9cisions \u00e9clair\u00e9es. <\/p>\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote has-medium-font-size is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab Les donn\u00e9es guident les d\u00e9cisions. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n<p>Le principe est simple. En faire une r\u00e8gle de fonctionnement \u00e0 l\u2019\u00e9chelle r\u00e9gionale le sera beaucoup moins. <\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Mesurer la productivit\u00e9 ne suffit pas<\/h2>\n\n<p>Un indicateur n\u2019est v\u00e9ritablement utile que lorsque les acteurs qui l\u2019utilisent s\u2019accordent sur ce qu\u2019il mesure.<\/p>\n\n<p>Le nombre de mouvements par heure a \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9 pendant les discussions de la PMAC comme l\u2019un des indicateurs que les compagnies maritimes souhaiteraient voir appliqu\u00e9 de mani\u00e8re plus homog\u00e8ne dans les terminaux de la r\u00e9gion. Les \u00e9changes ont toutefois montr\u00e9 qu\u2019un seul chiffre ne suffit pas \u00e0 d\u00e9crire l\u2019ensemble de la performance d\u2019une escale. <\/p>\n\n<p>Un repr\u00e9sentant de compagnie maritime a ainsi cit\u00e9 le cas d\u2019un terminal capable d\u2019atteindre une cadence sup\u00e9rieure \u00e0 20 mouvements par heure pendant une partie de l\u2019op\u00e9ration, avant de tomber \u00e0 cinq ou sept mouvements. Selon lui, cette irr\u00e9gularit\u00e9 peut retarder le d\u00e9part du navire, emp\u00eacher le rechargement de conteneurs vides et g\u00e9n\u00e9rer des frais de stockage susceptibles d\u2019alourdir, \u00e0 terme, le co\u00fbt global de desserte du march\u00e9. <\/p>\n\n<p>La question n\u2019est donc pas seulement de savoir si un terminal peut atteindre ponctuellement une bonne cadence de manutention. Les compagnies doivent aussi pouvoir d\u00e9terminer si cette performance peut \u00eatre maintenue pendant toute la dur\u00e9e de l\u2019op\u00e9ration. <\/p>\n\n<p>Un KPI commun n\u00e9cessiterait davantage qu\u2019un intitul\u00e9 identique. Les ports et les transporteurs devraient notamment s\u2019accorder sur le p\u00e9rim\u00e8tre de la mesure, la m\u00e9thode de calcul et les circonstances op\u00e9rationnelles n\u00e9cessaires pour interpr\u00e9ter correctement le r\u00e9sultat. <\/p>\n\n<p>Sans cette base commune, deux chiffres peuvent sembler \u00e9quivalents tout en refl\u00e9tant des processus diff\u00e9rents.<\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Un langage commun, pas un classement r\u00e9gional<\/h2>\n\n<p>La standardisation pourrait facilement \u00eatre per\u00e7ue comme une tentative de placer tous les ports carib\u00e9ens dans un m\u00eame classement.<\/p>\n\n<p>Une telle approche ignorerait les diff\u00e9rences importantes entre les terminaux de la r\u00e9gion.<\/p>\n\n<p>Certains ports disposent de portiques \u00e0 quai, tandis que d\u2019autres d\u00e9pendent des \u00e9quipements de manutention install\u00e9s \u00e0 bord des navires. Les infrastructures, les volumes trait\u00e9s, l\u2019organisation du travail, les syst\u00e8mes num\u00e9riques et les proc\u00e9dures nationales varient \u00e9galement d\u2019un territoire \u00e0 l\u2019autre. Ces diff\u00e9rences ont \u00e9t\u00e9 clairement soulign\u00e9es au cours des \u00e9changes entre ports et compagnies maritimes.  <\/p>\n\n<p>Un cadre commun ne doit pas faire croire que tous les ports fonctionnent dans des conditions identiques. Sa valeur serait pr\u00e9cis\u00e9ment de fournir une base plus claire pour expliquer ces \u00e9carts. <\/p>\n\n<p>Pour les compagnies maritimes, des informations comparables pourraient faciliter la planification des rotations, l\u2019affectation des \u00e9quipements et les \u00e9changes op\u00e9rationnels avec les gestionnaires de terminaux.<\/p>\n\n<p>Pour les ports, les m\u00eames donn\u00e9es pourraient aider \u00e0 rep\u00e9rer les points de blocage, \u00e0 suivre les progr\u00e8s dans le temps et \u00e0 orienter les d\u00e9cisions relatives aux \u00e9quipements, \u00e0 la formation des \u00e9quipes ou aux infrastructures.<\/p>\n\n<p>L\u2019objectif doit donc rester l\u2019am\u00e9lioration des op\u00e9rations, et non la mise en accusation publique des terminaux.<\/p>\n\n<p>Ports et compagnies n\u2019abordent pas la performance depuis la m\u00eame position. Les transporteurs doivent faire circuler leurs navires dans un r\u00e9seau r\u00e9gional soumis \u00e0 des horaires exigeants. Les gestionnaires portuaires doivent assurer ces op\u00e9rations tout en composant avec leurs infrastructures, leur r\u00e9glementation, leurs ressources humaines et leurs obligations de service.  <\/p>\n\n<p>Des KPI communs ne feront pas dispara\u00eetre ces diff\u00e9rences. Ils peuvent n\u00e9anmoins fournir un point de d\u00e9part plus objectif pour en discuter. <\/p>\n\n<p>C\u2019est cette coop\u00e9ration que Darnell Barrett met en avant lorsqu\u2019il appelle les membres portuaires et les membres associ\u00e9s de la PMAC \u00e0 parler le m\u00eame langage. Il \u00e9tablit un lien direct entre la standardisation des donn\u00e9es et la capacit\u00e9 des compagnies maritimes \u00e0 prendre des d\u00e9cisions mieux inform\u00e9es. <\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La participation reste le premier obstacle<\/h2>\n\n<p>Le Port Efficiency Working Group de la PMAC a commenc\u00e9 \u00e0 poser les bases de ce langage commun.<\/p>\n\n<p>Selon le rapport des membres associ\u00e9s pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Paramaribo, le groupe a lanc\u00e9 en 2026 une enqu\u00eate consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9 portuaire et commenc\u00e9 \u00e0 produire des r\u00e9sultats plus concrets. Les membres associ\u00e9s ont \u00e9galement demand\u00e9 \u00e0 la PMAC d\u2019encourager l\u2019adoption des KPI examin\u00e9s pendant l\u2019atelier et de favoriser une participation plus r\u00e9guli\u00e8re des repr\u00e9sentants des ports. <\/p>\n\n<p>Le principal obstacle imm\u00e9diat r\u00e9side dans le volume d\u2019informations r\u00e9ellement exploitable.<\/p>\n\n<p>Le rapport indique que l\u2019exercice sur l\u2019efficacit\u00e9 portuaire ne recueillait encore des r\u00e9ponses que d\u2019environ 30 % des acteurs sollicit\u00e9s. \u00c0 titre de comparaison, le groupe consacr\u00e9 \u00e0 la digitalisation portuaire aurait mis plusieurs ann\u00e9es \u00e0 atteindre un taux de r\u00e9ponse proche de 90 %. <\/p>\n\n<p>Cet \u00e9cart illustre toute la difficult\u00e9 pratique d\u2019une standardisation r\u00e9gionale.<\/p>\n\n<p>Un cadre commun ne peut pas \u00eatre \u00e9labor\u00e9 uniquement par les compagnies, les consultants ou les terminaux les plus actifs de la r\u00e9gion. Il doit reposer sur une participation suffisamment large pour repr\u00e9senter des ports de tailles, de capacit\u00e9s et de mod\u00e8les op\u00e9rationnels diff\u00e9rents. <\/p>\n\n<p>Un faible taux de r\u00e9ponse risque d\u2019aboutir \u00e0 des indicateurs adapt\u00e9s \u00e0 un nombre limit\u00e9 de terminaux, mais difficiles \u00e0 appliquer \u00e0 l\u2019ensemble du r\u00e9seau. Il r\u00e9duit \u00e9galement la capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9terminer si une difficult\u00e9 op\u00e9rationnelle est isol\u00e9e ou partag\u00e9e par plusieurs ports. <\/p>\n\n<p>Les sources disponibles ne d\u00e9taillent pas les raisons de cette participation encore limit\u00e9e. Certains ports ne recueillent peut-\u00eatre pas toutes les donn\u00e9es demand\u00e9es, tandis que d\u2019autres peuvent rencontrer des contraintes pratiques ou organisationnelles. Les questions de confidentialit\u00e9 et d\u2019utilisation future des informations relatives \u00e0 la performance devront \u00e9galement \u00eatre clarifi\u00e9es \u00e0 mesure que les travaux avanceront.  <\/p>\n\n<p>La standardisation ne constitue donc pas seulement un exercice technique. Elle d\u00e9pend aussi de la participation des membres, de la confiance entre les acteurs et d\u2019une gouvernance clairement d\u00e9finie. <\/p>\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Six mois pour construire un cadre commun<\/h2>\n\n<p>Au cours des discussions, le Chairman de la PMAC, Darwin Telemaque, a fix\u00e9 un objectif de six mois aux responsables op\u00e9rationnels et au Port Efficiency Working Group afin de formaliser des KPI acceptables pour les op\u00e9rations entre les navires et les ports.<\/p>\n\n<p>Le calendrier propos\u00e9 pr\u00e9voyait un premier mois consacr\u00e9 \u00e0 l\u2019organisation du travail, suivi de cinq mois d\u2019\u00e9changes et d\u2019ajustements. Darwin Telemaque a \u00e9galement encourag\u00e9 le groupe \u00e0 se r\u00e9unir plus fr\u00e9quemment si n\u00e9cessaire afin d\u2019aboutir \u00e0 un r\u00e9sultat concret. <\/p>\n\n<p>L\u2019objectif est ambitieux, particuli\u00e8rement dans un contexte o\u00f9 la participation \u00e0 l\u2019enqu\u00eate demeure limit\u00e9e. Il traduit n\u00e9anmoins la volont\u00e9 de faire \u00e9voluer les discussions, souvent r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, vers un v\u00e9ritable cadre op\u00e9rationnel. <\/p>\n\n<p>Le premier r\u00e9sultat ne devra pas n\u00e9cessairement prendre la forme d\u2019un vaste tableau de bord couvrant tous les aspects de l\u2019activit\u00e9 portuaire.<\/p>\n\n<p>Une approche plus r\u00e9aliste consisterait \u00e0 commencer par un nombre restreint d\u2019indicateurs reposant sur :<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>des d\u00e9finitions communes ;<\/li>\n\n\n\n<li>des m\u00e9thodes de calcul clairement \u00e9tablies ;<\/li>\n\n\n\n<li>un contexte op\u00e9rationnel suffisant pour \u00e9viter les comparaisons trompeuses ;<\/li>\n\n\n\n<li>et une phase de test r\u00e9unissant ports et compagnies maritimes.<\/li>\n<\/ul>\n\n<p>Ce cadre devra \u00e9galement pouvoir \u00e9voluer. Les op\u00e9rations portuaires se transforment \u00e0 mesure que les terminaux acqui\u00e8rent de nouveaux \u00e9quipements, d\u00e9ploient des syst\u00e8mes num\u00e9riques et adaptent leurs proc\u00e9dures. <\/p>\n\n<p>Le rapport des membres associ\u00e9s recommande par ailleurs de confier au Port Efficiency Working Group dirig\u00e9 par Darnell Barrett les questions li\u00e9es \u00e0 la r\u00e9silience des cha\u00eenes logistiques et \u00e0 la connectivit\u00e9 r\u00e9gionale, sous r\u00e9serve de l\u2019examen de cette proposition par la PMAC.<\/p>\n\n<p>Une telle \u00e9volution \u00e9largirait la r\u00e9flexion bien au-del\u00e0 de la seule vitesse de manutention.<\/p>\n\n<p>L\u2019efficacit\u00e9 portuaire concerne \u00e9galement la capacit\u00e9 des navires \u00e0 respecter leurs horaires, la fiabilit\u00e9 des flux de marchandises dans l\u2019ensemble de la cha\u00eene logistique et le maintien d\u2019une desserte adapt\u00e9e pour les plus petits march\u00e9s carib\u00e9ens.<\/p>\n\n<p>La donn\u00e9e susceptible de rapprocher ports et compagnies devra donc d\u00e9crire davantage que quelques s\u00e9quences de forte productivit\u00e9. Elle devra aider les deux parties \u00e0 comprendre la r\u00e9gularit\u00e9, les contraintes et les cons\u00e9quences de l\u2019ensemble d\u2019une op\u00e9ration. <\/p>\n\n<p>Les ports carib\u00e9ens n\u2019ont pas besoin de terminaux identiques. Ils ont besoin de mesures suffisamment communes pour reconna\u00eetre ce qui fonctionne, identifier ce qui doit \u00eatre am\u00e9lior\u00e9 et examiner les diff\u00e9rences \u00e0 partir d\u2019\u00e9l\u00e9ments que chacun peut comprendre. <\/p>\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les ports carib\u00e9ens mesurent d\u00e9j\u00e0 leur productivit\u00e9. Le probl\u00e8me est qu\u2019ils ne le font pas toujours de la m\u00eame mani\u00e8re. Pour les compagnies maritimes qui op\u00e8rent dans plusieurs terminaux, ces diff\u00e9rences compliquent les comparaisons et r\u00e9duisent la valeur des donn\u00e9es recueillies. 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